Analyser les modèles socio-économiques, environnementaux et organisationnels de l’économie circulaire sur les campus de l’Université de Bordeaux

Le projet ECU – Économie Circulaire à l’Université vise à analyser les conditions de mise en œuvre de démarches d’économie circulaire au sein de l’Université de Bordeaux, à partir des pratiques de réemploi, réutilisation, réparation, mutualisation et don/vente d’équipements et de biens présents sur les campus.

Porté par une équipe BxSE / INRAE, le projet s’inscrit dans une réflexion plus large sur les transitions socio-écologiques et sur la manière dont les établissements d’enseignement supérieur et de recherche peuvent devenir des terrains d’expérimentation de nouvelles formes de circularité. Ce travail a bénéficié d’une aide de l’État gérée par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) e au titre du Plan France 2030 portant la référence ANR-20-IDES-0001

        

CONTEXTE

L’économie circulaire est aujourd’hui présentée comme une alternative au modèle linéaire fondé sur l’extraction, la production, la consommation et l’élimination. Elle repose notamment sur la réduction des déchets, le réemploi, la réparation, la mutualisation, la réutilisation et le recyclage.

Cependant, les promesses associées à la circularité (réduction de l’empreinte environnementale, sobriété, relocalisation, création d’emplois, nouvelles coopérations) ne vont pas de soi. Elles dépendent des acteurs impliqués, des modèles économiques retenus, des contraintes organisationnelles, des usages concrets et des capacités différenciées des structures à s’engager dans ces transformations.

Dans ce cadre, le projet ECU propose d’étudier l’économie circulaire non seulement comme un ensemble de solutions techniques, mais aussi comme un objet économique, social, organisationnel et environnemental. Le document de cadrage du projet souligne ainsi l’importance d’analyser la diversité des modèles d’économie circulaire, les stratégies des acteurs et leur portée transformative socio-écologique.

OBJECTIFS DU PROJET

Le projet ECU poursuit trois objectifs principaux :

Le projet vise à identifier les principaux flux concernés sur les campus : mobilier, équipements scientifiques, matériel informatique, papier, objets stockés, biens réemployables ou réparables. Il s’agit également de repérer les acteurs impliqués : services universitaires, personnels, étudiant·es, associations, structures de l’économie sociale et solidaire, partenaires techniques et acteurs de la gestion des déchets.

Le projet étudiera différents modèles : plateformes de réemploi, mutualisation d’équipements, ateliers de réparation, ressourceries, dispositifs de don ou de vente entre usagers. Ces modèles seront analysés à partir d’indicateurs économiques, sociaux et environnementaux : coûts, bénéfices, réduction des déchets, empreinte carbone, emplois créés ou transformés, qualité du travail, inclusion, accessibilité et gouvernance.

Au-delà des indicateurs techniques, le projet cherchera à comprendre comment les usagers — personnels, étudiant·es, associations, services techniques — s’approprient ou non les dispositifs d’économie circulaire. Il s’agira d’identifier les motivations, les obstacles, les besoins d’accompagnement et les conditions permettant de renforcer l’adhésion à une démarche circulaire.

METHODOLOGIE

Le projet repose sur une approche pluridisciplinaire et multicritères, combinant :

  • une cartographie des parties prenantes et des flux ;
  • des études de cas sur différents dispositifs de réemploi, réparation ou mutualisation ;
  • des entretiens semi-directifs et observations de terrain ;
  • des analyses économiques, sociales et environnementales ;
  • des évaluations participatives avec les acteurs locaux ;
  • la production d’indicateurs permettant de comparer les modèles selon leur viabilité et leur contribution aux transitions

Cette démarche permettra de produire une analyse fine des effets de l’économie circulaire sur le campus : réduction des déchets, organisation des flux, transformation des métiers, gouvernance, qualité des emplois, participation des usagers et cohérence globale des dispositifs.

RESULTATS ATTENDUS

Le projet ECU doit permettre de produire :

  • une cartographie des flux, des acteurs et des dispositifs existants ou émergents ;
  • une typologie des modèles d’économie circulaire à l’université ;
  • une évaluation multicritères de leur viabilité économique, sociale et environnementale ;
  • une analyse des freins et leviers d’appropriation par les usagers ;
  • des préconisations opérationnelles pour accompagner le développement de démarches circulaires sur les campus.

À terme, ECU contribuera à mieux comprendre les conditions concrètes dans lesquelles l’économie circulaire peut devenir un levier de transition pour les établissements d’enseignement supérieur et de recherche.

Financement

Ces recherches sont financé par le projet Augmented university for Campus and world Transition (ACT) qui bénéficie du Plan France 2030 et accompagné par l’Institut des transitions qui anime le programme Économie Circulaire.

Équipe

Porteuses du projet :
Dalila Chenaf-Nicet (BxSE) et  Clarisse Cazals  (ETTIS)
Laboratoires / institutions : BxSE – Bordeaux School of Economics / INRAE
Terrain d’étude : Université de Bordeaux
Roxanne Simamindra   post-doctoratne de 18 mois